Dans mon travail, il y a du rouge, du bleu, du rose. Bien souvent du gris, et du marron. Il y a des visages, des corps, de l'eau et des cieux. Des cheveux détachés, des peaux qui s'assemblent.

 

Dans mes toiles, il y a de la peinture, des couches de peinture. Parce que je m’y prends rarement en une fois. Bien souvent, je les quitte, puis j'y reviens. Les reprends, les efface, puis les peaufine, enfin. C'est pourquoi je travaille principalement à la peinture à l'huile, sur du sec, du demi-sec, du tout mouillé. Les couleurs se mélangent et parfois je m’en balance. Ma palette est ce qu’elle est. Elle évolue, à son rythme, en fonction de mes humeurs et de mes élans.

La peinture s’immisce partout, dans ma vie femme et de maman. Les sujets que j’exprime y sont liés, intimement. Les images, je les prends moi-même ou je les choisis. Celles qui me titillent, évidemment. Bien souvent liées à l’enfance, la maternité, la sensualité et le mouvement.

Dès mes débuts, je me suis largement inspirée du sensualisme, courant de peinture initié par l'artiste Jean Yves Guionet, dont j'ai pu suivre quelques séances et conférences. Le sensualisme est une peinture qui émerge du corps et de ses émotions et qui se construit peu à peu grâce au regard rétinien. Le sujet prend forme grâce aux lumières, aux teintes et au mouvement. Même si je m'en suis détachée à plusieurs titres, ce courant continue à me guider dans ma recherche. Ma pratique artistique est une quête, une errance, autrement dit, un voyage continu aves des allers retours itératifs entre le chaos et la recherche esthétique. J'aime les petits formats comme les grands. Il m'arrive de tester de nouvelles techniques, selon mes aspirations du moment. 

C'est l'instinct, plus que la réflexion qui guide mes productions. Être avec tous ces sens, vivre ses ambivalences et les retranscrire, c’est ce à quoi j’aspire. C’est pourquoi j’écris aussi. Pour dire un peu plus que les formes et les couleurs, accompagner l’esprit. C’est parfois un peu flou, mais c’est volontaire. Une manière pour moi de laisser place aux ambivalences. A ce déséquilibre qui recentre. Sur la matière, sur les sens, au détriment des pensées. Les bouches et la peau se dessinent, spontanément, tandis que les regards, trop noirs, s’effacent. Il n’y a pas de noir dans mes toiles. Il prendrait toute la place…

 

Ce que je souhaite, en peignant, c’est faire peser les sens, les magnifier. Rendre éternel un état éphémère, un peu bancal, mais beau. Une éternité impossible à vivre, mais que j’essaie d’obtenir, jour après jour, via ma peinture.

 

My work is red, blue and pink. Often grey and brown. There are faces, bodies, skies and water. Messed up hair, skins touching each other.

My canvases are covered with oil painting, layers of painting. Because I rarely do it all at once. Very often, when facing my canvases, I leave, then I come back. Sometimes, a long time later. I pick them up again, I hate them, I correct them, then I refine them. On dry, semi-dry, or completely wet painting. The colors mix and sometimes I don't care. My palette is what it is. It evolves, at its own pace, according to my moods and my impulses.

 

Painting is taking up space. And interferes everywhere, in my life as a woman and as a mother. The subjects that I express are linked to it, intimately. Images I paint are mine or those i have chosen. The ones that tickle me, obviously. Very often linked to childhood, motherhood, sensuality and motion.

 

What I aspire to, is to work with all my senses, to live my ambivalence and to transcribe it. That's why I write, also. Writing tell something more than colors, accompany the mind towards my subjectivity. Softness and strength infuse my canvases. It is sometimes a little blurred, but it is voluntary. A way for me to leave room for ambivalence, for the imbalance that subjectivity creates. That's why I privilege the matter, the senses, more than the thoughts. The mouths and the skin are drawn, spontaneously, while the glances, too black, fade away. There is no black in my paintings. It would invade it..

 

I paint because I want to make the senses weigh, to magnify them. To make an ephemeral state eternal, a little wobbly, but still beautiful. An eternity impossible to live, that I am trying to experiment via painting.

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Last update : June 2021